Je m'appelle Julie, j'ai 15 ans et je ne veux pas en avoir 16.
Aujourd'hui fut encore une journée catastrophique, comme toutes les autres, où je marche sur du vide sans savoir où je vais réellement, juste qu'à l'arrivée il y aura un mur.
J'ai 15 ans et je ne veux pas en avoir 16.
Je ne veux pas.
Je fais tous ce qu'on me demande, comme tous les cons de ce monde qui obéïssent à cette société capitaliste, insociable, et déguelasse.
Je suis fatiguée, crevée, exténuée, à force de réaliser les rêves des autres et de donner du boulot aux profs, parce que si nous n'étions pas là, vous et moi, alors que fairaient-ils tous ces fonctionnaires?
Je m'appelle Julie et quand je suis arrivée dans cette univers sans issues, je venais également d'un univers sans issues, celui dans lequel j'ai été fabriqué par ma génitrice avec l'aide de mon géniteur.
Je m'appelle Julie et quand je suis arrivée dans cette univers sans issues, j'étais parfaite.
Une petite fille aussi merveilleuse qu'on eu jamais pu imaginé, j'étais intelligente,belle,gentille,sensible, et heureuse. Cela grâce à un amour complet que me portait le couple d'humain qui m'avait créé. Un amour inébranlable, avec lequel je me sentais tout aussi inébranlable et magnifique.
Aujourd'hui fut encore une journée catastrophique, comme toutes les autres, depuis environ quelques années tout mon univers s'est effondré, parce que j'ai été mise face à cette dure réalité, mais surtout parce que les deux animaux de race humaine qui m'ont désiré, ont perdus leur intêret pour moi et cet " amour ".
C'est surtout le cas pour ma génitrice, qui m'en veut, plus que tout, d'avoir raté sa vie; ou du moins, de ne pas l'avoir sauvé de son écroulement.
Ce mammifère femelle me rend la pareil pour ne pas avoir fait ce que je ne devais ou que je ne pouvais pas faire. Elle m'en veut, donc, et je dois faire avec, accepter malgrès tout, parce que c'est ça la vie.
Je m'appelle Julie, cela fait 15 ans que j'existe, enfin, bientôt 16, et cet animal qui prétend m'avoir " mise au monde " n'a pas changé aujourd'hui, et se vange de mon impuissance dû à la sienne.
- Tu manges encore?
-...
- Tu vas encore grossir...
-...
- Je voudrais avoir 10 ans de moins, être à la retraite et que vous vous soyez tous cassés, à 18 ans je vous mets dehors. Vous allez me tuer, me sucer jusqu'à la moelle. J'ai que des sales gosses, t'es qu'une feignante, tu fous rien, et ben ça promet! [...] De toute façon, je m'occupe plus de toi, maintenant tu te débrouilles, t'es qu'une sale gamine et en plus t'es grosse.
-...
Il est tant que j'aille bosser parce que demain je dois encore donner du boulot à mes profs, qu'ils se fassent pas chier dans leurs " vies ", et ce soir je ne dirais mots, parce qu'il n'y a plus rien à dire.

